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	<title>Jacques Darras</title>
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	<description>Poète, Essayiste, Traducteur</description>
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		<title>Rendez-vous : le 2 février 2012 à la librairie Tropismes</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 22:58:17 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>

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		<description><![CDATA[La librairie Tropismes (Bruxelles) invite Jacques Darras à l&#8217;occasion de la sortie de son recueil Irruption de la Manche (Le...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2012/01/rendez-vous-le-2-fevrier-2012-a-la-librairie-tropismes">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La librairie Tropismes (Bruxelles) invite Jacques Darras à l&#8217;occasion de la sortie de son recueil <em>Irruption de la Manche</em> (Le Cri, 2011).</p>
<p>Il s&#8217;entretiendra avec Sami El Hage, libraire chez Tropismes.</p>
<p>Venez nombreux le 2 février 2012 à 19h15 à la Librairie Tropismes, Galerie des Princes à Bruxelles. La réservation est vivement conseillée en vous rendant <a href="http://www.tropismes.com/agenda/jacques-darrassoiree-poesie">sur cette page.</a></p>
<p>La lecture sera enregistrée et disponible sur Internet.</p>
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		<title>Parution d&#8217;Irruption de la Manche</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 22:48:32 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages Recents]]></category>
		<category><![CDATA[Poemes]]></category>

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		<description><![CDATA[Le recueil Irruption de la Manche est paru aux Editions Le Cri Lien vers le site de l&#8217;éditeur &#171;&#160;Chaque fois...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2012/01/parution-dirruption-de-la-manche">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le recueil <em>Irruption de la Manche</em> est paru aux Editions Le Cri<br />
<br /> <br />
<a href="http://www.lecri.be/lecri.acgi$CriCat_fr?art=LC004196fr&#038;Session=S660316453&#038;Skin=Cri">Lien vers le site de l&#8217;éditeur</a><br />
<br /> <br />
&laquo;&nbsp;Chaque fois que je viens sur la hauteur du Cap Blanc-Nez, par temps clair et dégagé, je suis saisi du même frisson devant l’étendue des vagues qui cavalent jusqu’au mur de craie blanche au loin. Vertige du Temps ! <br /> Ici se chevauchent et s’intensifient toutes les coupures, mon bref segment de vie, les six millénaires d’irruption marine qui ont fait de cette vallée nommée Doggerland par les géologues un fossé large de trente-cinq kilomètres, la fracture entre langues anglo-saxonnes, celtes et romanes, l’interminable suite de liens et scissions dans l’Histoire de l’Occident. Debout à la verticale des craies fragmentée par l’érosion de l’eau c’est le bruit palpable du Temps lui-même que j’entends, corps d’écume et de vents. N’est-il pas nouveau que notre Mémoire s’approfondisse aux fosses de l’archéologie (St. Acheul, Chauvet, Lascaux), s’accroisse d’effondrements cosmiques (Storregas, Tsunamis) ? <br /> Et si c’était à l’horloge des irruptions marines que nous allions devoir calculer notre âge désormais ? Ici, à Blanc-Nez, promontoire miniature, je recommence d’aller cueillir la fleur ancienne «Sagesse des sommets». Tailler de minimes marches d’arrêt dans le Temps requiert le sens des pentes, de l’étalement des plans. Exercices de souffle suspendu, aujourd’hui, au-dessus du chenal, du Channel!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jacques Darras compose depuis 1988 un poème en huit chants sur une petite rivière côtière du Ponthieu et du Marquenterre, la Maye — il livre ici le premier texte du chant VIII intitulé Le Chœur maritime de la Maye. Il a par ailleurs traduit de l’anglais Walt Whitman, Samuel Taylor Coleridge, Ezra Pound, William Carlos Williams, Allen Ginsberg, Malcolm Lowry, etc.</p>
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		<title>Décembre 2011</title>
		<link>http://www.jacquesdarras.com/2011/12/decembre-2011</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Dec 2011 12:39:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fenêtre sur Cour]]></category>

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		<description><![CDATA[L’information poétique; Tomas Tranströmer ; Zbigniew Herbert ; Philippe Jacottet ; André du Bouchet ; Jean-Claude Caër ; Gérard Titus-Carmel...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/12/decembre-2011">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em><strong>L’information poétique; Tomas Tranströmer ; Zbigniew Herbert ; Philippe Jacottet ; André du Bouchet ; Jean-Claude Caër ; Gérard Titus-Carmel ; Bernaette Engel-Roux ; Bernard Fournier ; Sur le débat prose/poésie.</strong></em></p>
<p><strong>Crise de l’information poétique.</strong></p>
<p>Est l’évidence même la défaillance générale d’information sur la poésie et ses productions, en France. Ce constat ne vaut pas pour d’autres cultures. Des journaux comme le Guardian ainsi que le TLS en Angleterre; El Pais mais plus encore ABC en Espagne, continuent d’assurer quant à eux une information plus que correcte, en qualité et en fréquence. Le phénomène français a plusieurs explications. À commencer par la crise qui frappe la presse écrite, de plus en plus exsangue à tous points de vue : rareté des finances, restriction des sources, médiocrité du style etc…</p>
<p><strong>Repli des poètes sur eux-mêmes.</strong></p>
<p>On pourrait imaginer une réaction des poètes à cet état de fait, une prise à leur compte du travail d’information. Rien de tel, en apparence. Des revues sont en fin de course, qui jamais ne firent mention des parutions. De nouvelles se créent, dont ce n’est pas le souci principal. Une sorte de négligence généralisée envahit le paysage, qui se pare d’accents fatalistes. Car la conception d’une « scène poétique » serait, n’est-ce pas, un leurre. Car les œuvres marquantes finiront toujours bien par être repérées. En fonction de quoi s’installe peu à peu un « autisme » poétique, qui se légitime en pensant implicitement que la poésie porte en elle une critique radicale des sociétés de la communication.</p>
<p><strong>Apparition du poète lecteur des autres poètes.</strong></p>
<p>Posons plutôt qu’être poète et lecteur d’autres poètes n’est pas une incompatibilité. Posons ensuite que la poésie, c’est vrai, s’accommode assez facilement d’une fréquence longue des réactions. Posons surtout que la lecture d’un poète par un autre poète comporte nécessairement une part de subjectivité souhaitable autant que critiquable. Rien en effet ne s’adresse plus à l’humeur et la constitution interne de la personne que le poème. Tenant tous ces préceptes en tête, il sera permis de s’aventurer. Voici, par exemple, le résultat de nos lectures du semestre écoulé, aussi partielles que partiales.</p>
<p><strong>Tomas Tranströmer.</strong> <em>Œuvres complètes (1954-2002) Traduit du suédois par Jacques Outin. Postface de Renaud Ego. Le Castor Astral/ Baltiques. Œuvres complètes 1954-2004. Traduit du suédois et préfacé par Jacques Outin. Avertissement de Kjell Espmark. Postface de Renaud Ego. NRF/Gallimard.</em></p>
<p>Qu’un poète suédois remporte le prix Nobel décerné par la Suède n’a rien de choquant. Ils ne furent pas si nombreux. D’ailleurs, Suédois ou pas, les poètes récompensés du Nobel deviennent rares. Cela signifie-t-il quelque chose ? Pas nécessairement. La rareté en question serait-elle un critère de qualité ? Non, d’aucune façon. Dans le cas de Tranströmer un élément émotionnel s’ajoute au choix de la personne. Âgé de 80 ans, Tranströmer a été frappé d’aphasie en 1990. Depuis, il est revenu à l’écriture sous forme de poèmes courts, quasiment des haïkus, dont l’inclusion dans l’anthologie Gallimard constitue la seule différence notable entre les deux éditions proposées. Qu’est-ce qui frappe dans cette poésie ? D’abord la continuité, formelle et d’inspiration, jusqu’à l’accident de 1990. Il semble (je dis bien ‘semble’ car le traducteur ne nous apprend rien sur le sujet) que Tranströmer travaille depuis l’origine en vers ou versets libres, le plus souvent répartis en strophes. Il est assurément question de musique, dans la préface de Jacques Outin, mais sous la forme la plus vague et la plus thématique : <em>« La poésie de Tranströmer échappe à la construction et aux systèmes traditionnels, mais elle s’inspire fréquemment du travail de composition musicale et reprend certaines de ses formes » .</em> On aimerait en savoir un peu plus. Par ‘inspiration’, nous entendons le climat engendré par les poèmes dans leur succession, au fil des années. Avec Tranströmer nous sommes au Nord, à l’évidence. Très au Nord. <em>« Il y a, au milieu de la forêt, une clairière insoupçonnée que ne découvre que celui qui s’égare./ La clairière est cernée par une forêt qui étouffe peu à peu ».</em> Cette notation, choisie au hasard, rend bien compte du combat contre l’étouffement par la Nature qui constitue l’un des axes majeurs de cette poésie. L’aphasie guette depuis toujours, à l’évidence. <em>« Mes rivages sont bas, si la mort montait de vingt centimètres, je serais submergé ».</em> L’humour ni la distance ne paraissent vraiment armés pour affronter l’angoisse qui sourd de tous côtés. La seule parade envisagée est l’ellipse. On insiste beaucoup (les préfaciers) sur la qualité des images de Tranströmer, qui l’apparenteraient à un surréalisme nordique. Bien plus frappantes que les images, qui ne sont que réel transfiguré, nous semblent être les ellipses utilisées pour distendre la syntaxe de l’étouffement. Prenons, au hasard, l’exemple de ces deux vers longs accolés l’un à l’autre entre deux blancs du poème « Carillon » (La Place sauvage 1983)</p>
<p><em>Personne ne décide où je vais, et encore moins moi-même, mais chaque pas se fait là où il faut.<br />
Pouvoir se promener dans des guerres fossiles où tous sont invulnérables parce que déjà morts !</em></p>
<p>Si l’on scrute de plus près la logique apparemment consécutive des deux propositions, on reste perplexe et désorienté. C’est le but recherché mais trouver un chemin sûr dans la forêt des sens est un exercice permanent. En ce sens Tranströmer est tout sauf un poète confortable. La lecture de son oeuvre évoque immanquablement Ingmar Bergman son compatriote. On dirait d’un climat Fraises sauvages généralisé, d’une allée et venue d’ombres à travers la frontière vespérale avec la mort.</p>
<p><strong>Zbigniew Herbert. </strong><em>« Corde de lumière. Œuvres poétiques complètes » I. Édition bilingue. Traduction du polonais par Brigitte Gautier. Le Bruit du Temps</em></p>
<p>L’adolescence de Zbigniew Herbert, 15 ans en 1939, coïncide avec les courtes années de liberté nationale que connaît son pays, libéré en 1918 de 123 années de captivité et d’annexion par l’Autriche, la Prusse et la Russie. Sitôt ouverte la seconde guerre mondiale, la Pologne est de nouveau occupée par l’Allemagne en 1941, on sait avec quelles conséquences désastreuses, avant de passer sous domination soviétique jusqu’en 1989. Résultat de tant d’avatars politiques, la ville polonaise natale de Herbert, Lwov, est aujourd’hui en Ukraine. Au bout d’interminables années de résistance, de dénuement, d’errance à travers les capitales de l’Europe occidentale, Herbert rejoindra enfin Varsovie en 1992, pour y disparaître ironiquement aussitôt (1998). Comme pour tant d’autres écrivains polonais avant lui (Mickiewicz, Conrad, Gombrowicz ou Milosz) l’exil, sous forme intérieure et extérieure, aura donc été la circonstance majeure de son œuvre. Que couronneront plusieurs prix prestigieux à l’exception du Nobel, accordé à ses compatriotes Czeslaw Milosz (devenu citoyen américain), en 1980 puis Wislawa Szymborska en 1996. Aujourd’hui que les protestations contre cet arbitraire des récompenses se sont éteintes, on peut mesurer à loisir l’envergure de Zbigniew Herbert. Grâce à cette splendide édition bilingue entreprise par le Bruit du Temps et unanimement louée par la presse littéraire française. Comme pour se dédouaner de son inertie générale vis à vis de la production poétique ! Cela dit, Herbert est assurément un très bon poète, maître de la prose courte et claire, aussi bien que du poème narratif construit. Chez lui, le jeu avec le réel extérieur implique une prise de risque elle aussi bien réelle. Écrire le poème, dans de pareilles conditions, est comme de venir au plus près du danger pour le dénoncer et le démasquer mais aussi l’esquiver à l’ultime seconde. Se met en place ici un art de la survie lucide où les images demeurent toujours suffisamment explicites :</p>
<p>/…</p>
<p><em>Il fera nuit dans la neige profonde<br />
qui a le pouvoir d’étouffer les pas<br />
dans l’ombre profonde qui transforme<br />
les corps en deux flaques de pénombre<br />
allongés retenant notre souffle<br />
et le plus léger murmure d’une idée</p>
<p>si les loups ne nous débusquent pas<br />
et si l’homme en pelisse endort<br />
sur son sein la mort à répétition<br />
il faut s’élancer et courir<br />
sous les applaudissements de courtes salves sèches<br />
vers la rive désirée</em></p>
<p>/….</p>
<p>Ce poème intitulé<em> Réponse figure dans Hermès, le chien et l’étoile</em>, deuxième recueil du poète paru en 1957. Nanti de ces indications on comprend parfaitement le contexte, comment les images, nées de ces périodes de glaciation, valent pour toutes les situations similaires passées ou à venir dans l’histoire du monde. C’est à la fois la précision des notations et l’humour qui font la force de ce dessinateur à regard froid. Un tireur d’élite, Herbert ? Oui sans doute. Avec l’espoir jamais abandonné, cependant, <em>« mortellement sérieux/</em> (d’) <em>offrir au monde trahi/ une rose </em>»</p>
<p><strong>Philippe Jacottet.</strong> <em>« L’encre serait de l’ombre. Notes, proses et poèmes choisis par l’auteur 1946-2008 » Poésie/Gallimard</em></p>
<p>Le conditionnel du titre <em>« L’encre serait de l’ombre »</em> est pour le moins bizarre. Programmatique, il semble jeter l’ombre, précisément, sur son auteur. Quel est-il, en vérité ? L’auteur lui-même du recueil ou un impersonnel « on » à qui l’on attribuerait un manque de substance de l’écriture ? Au sortir de la précision sans compromission du dessin d’Herbert, nous avons tout de suite l’impression de retrouver nos jeux de serre favoris : Blanchot ou Maeterlinck. Peut-on attendre autre chose de la poésie française contemporaine ? Oui, assurément. Les « années langage » ont usé jusqu’à la corde nos attentes, nos réflexes. Aussi bien sur le versant dissémination exubérante des mots que sur l’ubac des retraits ombreux. Le monde vespéral auquel nous convie l’éminent traducteur de l’allemand Philippe Jacottet, tend indéniablement vers le monde nordique de Tomas Tranströmer. La geste germanique ancienne aurait-elle ici quelque incidence climatique profonde ?</p>
<p><em>Dans l’herbe à l’hiver survivant<br />
ces ombres moins pesantes qu’elle,<br />
des timides bois patients<br />
sont la discrète, la fidèle,</em></p>
<p><em>l’encore imperceptible mort</em></p>
<p><em>Toujours dans le jour tournant</em><br />
<em> ce vol autour de nos corps</em><br />
<em> Toujours dans le champ du jour</em><br />
<em> ces tombes d’ardoise bleue</em></p>
<p>Ayant bien pris soin, en posant nos préceptes, de revendiquer la légitimité de nos réactions au climat poétique proposé par les poètes, nous nous sentons d’autant plus libre pour dire, avec appréciation, combien la prose, très présente dans cette anthologie choisie par son auteur, est puissante par contraste avec le vers trop essoufflé. À quoi cela tient-il ? À l’allure, au rythme et à l’enchaînement des images qui nous font visiter le même paysage nocturne d’un pas ample et obstiné. C’est de poids du corps sur la terre qu’il s’agit alors. L’enveloppement par les ombres du soir est devenu tellement plus intense tout à coup, la prégnance de la nuit se diffuse comme chez Novalis, nous marchons, à tous les sens de l’expression.</p>
<p><em>J’ai dit une fois le pré de mai, une fête gaie et fragile, mais aujourd’hui ce n’est pas le même, ni à la même heure ; ce sont plutôt des prés, plus vagues, plus vastes, et qui sont vus non pas en plein soleil, mais le soir ; dans un vallon où les terres malgré les drainages sont restées humides, vite détrempées, et où semblent flotter de grands buissons sauvages mais d’une forme régulière, telles de coupoles abritant un chœur de rossignols, entre des murs bas et des chemins eux-mêmes herbeux, sous un ciel gris …</em>(<em>Mai</em> dans « Beauregard »)</p>
<p>Ce sont pourtant les mêmes mots que ceux employés par le poème. Oui mais ce n’est pas la même respiration. À croire que, comme le revendiquent de nombreux prosateurs contemporains (mais Paul Claudel, déjà!) la véritable poésie » se rencontrerait, en langue française, dans la prose. Pour les héritiers de Baudelaire, dont nous sommes, les deux localisations sont cependant possibles. Simultanément ? Cela est une autre histoire !</p>
<p><strong>André du Bouchet. <em>Ici en deux. Préface de Michel Collot. Poésie/Gallimard</em></strong></p>
<p>Sans vouloir les fondre dans un même décor, les poètes Jacottet et Du Bouchet ont lien avec un même département, la Drôme. Certes, Truinas, où vécut du Bouchet, est plus au nord, plus près des Alpes et fait partie de la Drôme préalpine. Jacottet, lui, vit à Grignan dans la Drôme provençale, plus au sud. Différence de relief, de personnalités, de provenance poétique, les deux tempéraments ont produit deux poésies totalement différentes sur un même terrain. L’espace, chez André du Bouchet, est l’occasion d’une aération, d’une respiration en altitude. La page accorde une place majeure au blanc, dispersant la syntaxe et laissant à l’esprit lecteur le temps d’une manducation lente.</p>
<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;…/la terre sortie</em><br />
<em>                           de la</em><br />
<em>                                 soif</em></p>
<p>
<p>
<em>                           si</em><br />
<em>                             elle retourne à la terre</em></p>
<p>
<p>
<em>                           je suis désaltéré.</em></p>
<p>On palpe, on avance, on revient sur ses propres pas, on se réitère la phrase disjointe, on opère un remembrement. Bref on marche du pas du promeneur qui agrémente son itinéraire de questions, de pensées sur la présence au monde. Une énigme le monde, que la parole plie en deux, chaque fragment –plutôt que vers&#8212;formant pli. Le poète devient alors son propre topographe, avec cet incroyable talent de rendre matériellement palpable le souffle de la marche et la présence de l’air où ce souffle puise. Un matérialiste actif, Du Bouchet.</p>
<p><em>Cela</em><br />
<em>                                    est proche</em></p>
<p><p>
<em>                  puisque</em><br />
<em>                  la substance en moi qui souffle</em><br />
<em>                  est</em></p>
<p><p>
<em>                  la même</em><br />
<em>                  que</em></p>
<p><p>
<em>                  l’autre des lointains</em></p>
<p><strong>Gérard Titus-Carmel. <em>Ressac. Obsidiane</em></strong></p>
<p>Entre deux mouvements de la marée, montante et descendante, articulés chacun en 10 moments, Titus-Carmel nous livre 30 états du ressac composés d’un poème en 3 tercets sur la page verso et d’un texte de prose en italique sur la page recto. D’un côté l’attention à dire de manière musicale, discrètement allitérative, l’inépuisable de la mer en mouvement,</p>
<p>
<em>Où rompt la mer sans défaut qui se renverse</em><br />
<em>crantée devant l’invisible et mourant épuisée</em><br />
<em> dans l’itération des vagues impeccables</em></p>
<p>
<em> rondes toutes sœurs quant à rouler</em><br />
<em> la suave écume avant de s’enfouir plus bas que le monde</em><br />
<em> sous le ciel jamais semblable</em></p>
<p>
<em>enveloppant pareillement ombre &amp; mémoire</em><br />
<em> dans la fraîcheur vaste comme acanthe retorse</em><br />
<em> vive toujours mouvante</em></p>
<p>
de l’autre une réflexion en italique, comme couchée par le vent sur le sable, posant des questions sur la présence au monde devant cette immensité à chaque seconde renouvelée</p>
<p>
<em>nous n’avions prévu de venir que pour nous assurer de notre présence au monde</p>
<p>
et l’on soumet notre cuisant sentiment d’impermanence à l’énigme que porte chaque vague venant s’écraser à nos pieds : d’un mystère l’autre, chère, qui ! de nous deux cessera de broncher le premier ?</em></p>
<p>
Cette composition construite de 92 pages fait entendre avec justesse et sobriété la vaste échelle musicale de la rumeur marine. Il faut s’y immerger autant que la lire.</p>
<p>
<strong>Jean-Claude Caër.<em> En route pour Haida Gwaii. Obsidiane</em></strong></p>
<p>
L’explication de ce titre exotique, donnée par l’auteur en note à la fin de son texte, fait référence au peuple indien Haida et aux îles nommées par les colonisateurs Queen Charlotte Islands avant de se voir rebaptisées depuis 2010 Haida Gwaii. Invocations indiennes, mais aussi à la poésie américaine (James Schuyler, Louis Zukofsky, Jack Kerouac) comme aux figures tutélaires locales (Malcolm Lowry à Vancouver), le recueil de Jean-Claude Caër est un retour rafraîchissant aux grandes traversées nord-américaines. Du Maine, l’état le plus sauvage de la côte Est à la Colombie britannique, on suit allègrement le voyageur avec le plaisir des chemins déjà foulés mais aussi redécouverts par une sensibilité juste et modeste à la fois. Écrivant une prose simple, Caër engage la conversation avec nous qui devenons complices de ses réactions et partageons ses instants de solitude et de désespoir au milieu de l’immensité forestière canadienne (wilderness). Gary Snyder n’est nulle part nommé mais sa présence est diffusément sensible, comme dans cette strophe :</p>
<p>
<em>Ce corbeau tout près de moi sur la branche très noir, très beau.</em><br />
<em> Je ressens l’intensité de sa présence.</em><br />
<em> De profil derrière la vitre sur la branche.</em><br />
<em> Nos deux vies.</em></p>
<p>
Sans oublier ce sentiment qui affleure à chaque virage de la route, une nostalgie pour l’indéfinissable quelque chose qui, tôt ou tard, disparaîtra :</p>
<p>
<em>Et moi-même que suis-je venu faire dans ce monde crépusculaire,</em><br />
<em> Changeant et mystérieux, gorgé d’eau,</em><br />
<em> Où les totems tombent en ruines ?</em></p>
<p>
<strong>Bernadette Engel-Roux. <em>Aubes. Le bois d’Orion</em></strong></p>
<p>
Absolue stabilité dans l’espace pour Bernadette Engel-Roux, à la différence du recueil précédent. Face à « ses » Pyrénées, l’auteur s’assied à sa table, très tôt chaque matin depuis plus de six ans. Ce sont les meilleures aubes qu’elle a rassemblées dans ce texte d’une centaine de pages, composé entre 2004 et 2010. Comment le qualifier ? De texte en prose, pour commencer, mais d’une prose qu’on dira sans réticence poétique pour ce que la phrase y est constamment tenue dans son rythme et ses images. Poétique, le rythme, par l’emploi de reprises, de retours qui sont autant d’avancées dans la précision, comme les touches d’un peintre. Bernadette Engel-Roux a du plaisir à voir et à dire. La surenchère du dire enrichit l’inépuisable du voir.</p>
<p>
<em>D’ici à là, là-bas, mon regard va et vient, perdu dans l’immense bain lustral. Au très loin, la pluie buée à peine des montagnes endormies et si légères en leur sommeil que c’est douceur le soulèvement dans l’aube de leur grand corps de terre. Puis haleine humide sur les collines vigiles de la ville endormie. Herse liquide sur les hêtres proches. Violence sur la prairie, le jardin. Et larmes, ce ruissellement sur les vitres où je m’appuie.</em></p>
<p>Ce qui fait le prix et le précieux de ce petit livre, ce sont en effet les multiples branches des phrases où se prennent les images oiseaux, chaque matin renouvelées dans l’ordre de la saison. Soit un grand poème de nuit, frontalier indécis de la lumière. Où les montagnes intimes de l’enfance redessinent leurs sommets à l’instant d’ascension de l’écriture.</p>
<p><strong>Bernard Fournier. <em>Marches III. Aspect</em></strong></p>
<p>Ici, d’autres montagnes. Moins hautes, sans doute. Plus âpres. Où l’on marche aux côtés de l’Olt, rivière d’altitude bien nommée, dans un paysage d’Aubrac, de Cantal et de Lozère. Bernard Fournier, par ailleurs spécialiste de Guillevic, sait ramasser avec beaucoup d’efficacité ce paysage en trois notations. En faire un drame :</p>
<p>
<em>Il s’est perdu dans les dédales</em><br />
<em> D’un village hostile :</em><br />
<em> Les toits bas le chagrinent</em><br />
<em> Les regards l’épient</em><br />
<em> Les voix le persiflent.</em></p>
<p>
<em>Il descend vers les siens</em><br />
<em> Qui ne le reconnaissent pas.</em></p>
<p>
<em>Comme tel.</em></p>
<p>
C’est sec, précis et lucide comme un constat sur les fausses valeurs du village idéal que nous avons tous en tête. Seule la géographie est belle :</p>
<p>
<em>Rouergue, terre de causses,</em><br />
<em>Terre de hiboux, terre de cailloux dans les garrigues</em><br />
<em>Terre de pierres, de vipères et d’aygues ;</em><br />
<em>L’ombre de la pierre s’ouvre à la sécheresse.</em></p>
<p>
Dieu merci ! la poésie est encore là pour dire l’espace dans son extension, son élasticité. Sa malléabilité. Le poète sera sobrement rassembleur, peu de mots lui suffisant pour dessiner la noblesse d’un projet.</p>
<p>
<em>Partout il rencontre des pas qui lui appartiennent :</em><br />
<em>Tout son corps se dresse à ces voix.</em></p>
<p>
<em>Il ne tient que par cette poussée hercynienne,</em><br />
<em>Levée de l’Olt.</em><br />
<em>La mort rappelle une vie</em><br />
<em>L’appelle sur le plateau,</em></p>
<p>
<em>Tous les horizons le cernent, le comprennent,</em><br />
<em>L’édifient.</em></p>
<p>
<em>Être poète d’Oc et d’Olt</em><br />
<em>Pour un jour accorder le chœur brisé des églises.</em></p>
<p>
<strong>Sur le débat prose/poésie ou prose/vers</strong><br />
Ce débat n’est pas clos, bien évidemment. L’embarras éprouvé par la presse littéraire avec le poème est à cet égard fort significatif. Rompus que nous sommes aux flots des paroles radiophoniques où aucun blanc ni silence n’est jugé tolérable, notre défaut d’accoutumance à la parole oblique, syncopée et rythmée, que semble être le poème, devient « criant ». S’il ne paraît pas totalement anachronique, on le tolérera tout juste avec l’appui de la musique. Par besoin de ligne harmonieuse continue. Alors, il aura le détachement du relief, constituera une sorte de citation &#8212;musique de mots contre musique de sons. Donc musique généralisée ! D’où, concurremment, le retrait de nombre de poètes à la voix &#8212;l’organe&#8212;mal assurée vers un laconisme de bonne éducation, en accord avec cet ostracisme que leur signifie l’ample er bruyante prose narrative. Pour ne pas subir cet état de fait comme un état définitif, il nous semble plutôt pertinent de réfléchir à de nouvelles expériences d’accord entre rythmes et projets de savoir. Manque absolument, aujourd’hui, le lieu d’une entente, que le seul brouillage des paroles existantes ne suffira pas à indiquer. Sans omettre de poser la question, vitale, du cadre dans lequel le poème devra désormais se déployer. L’entre-lecture des poètes entre eux, pourra être considérée comme une modeste proposition en ce sens.</p>
<p style="text-align: right;"><strong> Jacques Darras</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Arqueologia del aqua</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 13:34:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages Recents]]></category>
		<category><![CDATA[Poemes]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Darras aqui propone un desarrollo de su poetica que puede resumirse en su idea de la &#171;&#160;fluidificacion fluviale&#160;&#187; y de...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/11/arqueologia-del-aqua">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Darras aqui propone un desarrollo de su poetica que puede resumirse en su idea de la &laquo;&nbsp;fluidificacion fluviale&nbsp;&raquo; y de la fluidez poetica: en concreto, en la de los rios del norte<br />
con su &laquo;&nbsp;uniformidad falsamente placida&nbsp;&raquo;&#8230;Darras se affirma aqui como uno de los mejores poetas francescas de hoy&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Darras développe dans ce livre sa poétique, laquelle peut se résumer par son idée de &laquo;&nbsp;fluidification fluviale&nbsp;&raquo; et de fluidité poétique: plus concrètement, celle des fleuves du Nord<br />
avec leur &laquo;&nbsp;uniformité faussement placide&nbsp;&raquo;&#8230;Darras s&#8217;affirme ici comme l&#8217;un des meilleurs poètes de langue française d&#8217;aujourd&#8217;hui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(Jaime Siles, ABC du 8 octobre 2011)</p>
<p>Lire l&#8217;article complet de James Siles<br />
<span id="more-495"></span>EL TIEMPO PLIEGUE A PLIEGUE</p>
<p>Jacques Darras : Arqueología del agua. Antología 1988-2001. Edición bilingüe. Edición, versión y notas de Miguel Veyrat. Libros del Aire. Colección Jardín Cerrado. Madrid. 2011. 171 páginas.</p>
<p>Si los poetas pudieran clasificarse según los cinco elementos, Jacques Darras (1939) sería un poeta del agua. Me baso para ello en dos de sus títulos : La mer hors d’elle-même (1991), un ensayo, y Van Eyck et les rivières (1996) que, aunque contiene numerosos poemas, apareció con el subtítulo de “novela”, género al que desde luego no pertenece. Arqueología del agua tiene mucho que ver con él e incluso parece una continuación profundizada del mismo. Articulado en cinco partes, que el autor denomina “pliegues”, habrá quien piense en una posible relación con el conocido texto de Deleuze. Pero lo que Darras aquí propone es un desarrollo de su propia poética que puede resumirse en su idea de la “fluidificación fluvial” y de la fluidez poética: en concreto, en la de los ríos del Norte con su “uniformidad falsamente plácida”. Y esa fluidez la lleva él a la materia misma del lenguaje : a sus aliteraciones como “gargarismo gargantuesco” que Miguel Veyrat ha sabido verter pero que muy bien, al igual que toda la concatenada mecánica del ritmo, que es un elemento fundamental aquí porque no depende sólo de lo fónico ni de lo métrico sino de un dinamismo sintáctico tan complicado y ágil como su natural fluir. El prefacio que lo abre es un canto a “la energía motriz de la lengua española”, al azar objetivo de Breton y al sentimiento íntimo del tiempo : todo ello a la vez. De ahí que el agua sea mucho más que un símbolo : es una condición – la que nos hace percibir “los años que se precipitan con la Tierra como los astros en el Cielo”, haciendo que muramos sin edad porque ¿qué edad tienen los muertos? El preludio que lo sigue tiene una sintaxis eliotiana : del Eliot de Ash-Wednesday. En el primero de los pliegues hay &#8211; como en Pedro Salinas- un homenaje a “la música de las teclas” y en “Las sillas blancas de Vichy”, en cuyo fondo visual no deja de resonar Ionesco, se advierte una investigación del desarrollo del poema, que se acentúa en las composiciones que lo siguen, en las que hay una deriva hacia la metapoesía – “las frases pasan como nubes” y “escribo en el espacio como sobre una página”- así como hacia la metafísica : “¿me borro yo en lo borrado” / “se borra lo borrado en mí”. El segundo pliegue es un solo y mismo movimiento en el que se dan cita muchas cosas : desde la frase gnómica – “la ciencia es la literatura/ escrita de otro modo”- hasta la afirmación de un nuevo humanismo, la glosolalia, la toponimia y la imprenta de Plantino, porque en Darras hay siempre una gran riqueza de referentes que no anulan la emoción sino que la despiertan y acrecientan. El tercer pliegue incluye uno de los mejores poemas de su autor : “Nombrar Namur” en el que explica su concepto de “poesía declarativa” y explicita de modo convincente su poética – sobre todo, la diferencia entre voz y canto, y las acciones verbales que les corresponden. El cuarto contiene otro de sus grandes poemas – el dedicado a la Grand’Place de Bruselas, donde vivió Victor Hugo exiliado- y hace en él magistral uso del versículo. En el quinto predomina el punto de vista plástico objetivado en Rubens dialogando con Helena Fourment, mientras la pinta “contra el horizonte de la muerte” y cada palabra se convierte en “su silencioso contrario”, y en el magnífico “Autorretrato como bebedor de Cerveza bruselense”, en el que la creación lingüística alcanza cimas como ésta : “Me acompañan todos mis dobles convidados conviviados convivientes” Y el final, mucho más condensado, es un poema de estructura delgada que insiste en las posibilidades del silencio abierto. Darras se afirma aquí como uno de los mejores poetas franceses de hoy. Mérito de Veyrat es haber dado con su mejor correlato en nuestro idioma.</p>
<p>Jaime Siles</p>
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		<title>Vidéos</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 10:28:03 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans une salle de la Fondation Blermans-Lapôtre, Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Jacques DARRASpour son ouvrage de...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/11/videos">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dans une salle de la Fondation Blermans-Lapôtre, Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Jacques DARRASpour son ouvrage de poésie &laquo;&nbsp;Tout à coup je ne suis plus seul&nbsp;&raquo; chez Gallimard.</em></p>
<p><object classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000"id="Visionneuse" width="425" height="319"codebase="http://fpdownload.macromedia.com/get/flashplayer/current/swflash.cab"><param name="movie" value="http://www.ina.fr/video/ticket/3059390001/1018995/233c8ced950fa04edebe4122f3d15f47"/><param name="pluginspage" value="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"><param name="align" value="middle"><param name="quality" value="high" /><param name="scale" value="showall"><param name="wmode" value="transparent"><param name="menu" value="true"><param name="devicefont" value="false"><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="flashvars" value=""><embed src="http://www.ina.fr/video/ticket/3059390001/1018995/233c8ced950fa04edebe4122f3d15f47" quality="high" bgcolor="#FFFFFF"width="425" height="319" name="Visionneuse" align="middle"quality="high"allowScriptAccess="always"allowFullScreen="true"type="application/x-shockwave-flash"pluginspage="http://www.adobe.com/go/getflashplayer"flashvars=""></embed></object></p>
<p><em><br />
Vidéo hommage à César Vallejo, réalisée par l&#8217;association Les amis de César Vallejo </em></p>
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		<title>12 novembre 2011 &#8211; Une vie, une oeuvre &#8211; Gertrude Stein</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 09:48:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai participé à l&#8217;enregistrement de l&#8217;émission de France Culture Une vie, une oeuvre à propos de Gertrude Stein. &#160; Cette...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/11/12-novembre-2011-une-vie-une-oeuvre-gertrude-stein">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai participé à l&#8217;enregistrement de l&#8217;émission de France Culture Une vie, une oeuvre à propos de Gertrude Stein.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette émission, présentée par Matthieu Garigou-Lagrange et réalisée par Jean-Claude Loiseau sera diffusée le samedi 12 novembre 2011 à 14h00</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lien vers le site de France Culture</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>10 novembre 2011 &#8211; Rencontre avec Carlos Henderson</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 09:32:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la présentation du livre L&#8217;éclat de ton corps et autres poèmes (édité chez L&#8217;Harmattan) &#160; Cet événement...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/11/10-novembre-2011-rencontre-avec-carlos-henderson">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la présentation du livre <em>L&#8217;éclat de ton corps et autres poèmes</em></p>
<p>(édité chez L&#8217;Harmattan)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet événement est organisé par l&#8217;association <em>Les Amis de César Vallejo</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avec la participation de Jacques Darras, Danielle Saban, Denis Chevallier, Jeanne-Marie, Evel Boix-Moles, Fabiola Pinel Rengifo, Jérôme Tourpin, Rubén Romero Prieto et Philippe Barnoud.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Rendez-vous le jeudi 10 novembre de 18h30 à 20h30</strong></p>
<p>A la Maison de l&#8217;Amérique Latine</p>
<p>217, boulevard Saint-Germain &#8211; 75005 Paris</p>
<p>(M) Solferino ou Rue du Bac</p>
<p><a href="http://culturel.mal217.org/fr/Agenda/Litterature/2011/11/10/Rencontre-avec-Carlos-Henderson-4249.htm">Cliquer ici pour plus d&#8217;informations</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Octobre 2011 Walt Whitman dans la Revue Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 18:49:01 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>

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		<description><![CDATA[Paru dans la revue Europe un grand dossier Walt Whitman avec de très nombreux invités (Robert Creeley, C.K Williams, C.D...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/11/octobre-2011-revue-europe">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paru <a href="http://www.europe-revue.net/" target="_blank">dans la revue Europe</a> un grand dossier Walt Whitman avec de très nombreux invités (Robert Creeley, C.K Williams, C.D Wright, Nuno Judice, Jailme Siles, Luis Antonio de Villena et de nombreux universitaires spécialistes du poète américain) dossier réuni et présenté par Jacques Darras</p>
<p>Retrouvez <a title="Preface de Jacques Darras, Revue Europe Octobre 2011" href="http://www.europe-revue.net/parutions-2011/octobre-2011-walt-whitman/whitman-preface-r.pdf" target="_blank">la préface</a> sur le site de la revue Europe</p>
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		<title>15 septembre 2011 Colloque Mémoire du Moyen-Age dans la Poésie contemporaine</title>
		<link>http://www.jacquesdarras.com/2011/09/15-septembre-2011-colloque-memoire-du-moyen-age-dans-la-poesie-contemporaine</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 19:45:10 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Agenda]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre du colloque international Mémoire du Moyen-Âge dans la Poésie contemporaine qui se déroulera du 15 au 17...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/09/15-septembre-2011-colloque-memoire-du-moyen-age-dans-la-poesie-contemporaine">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre du colloque international <em> Mémoire du Moyen-Âge dans la Poésie contemporaine</em> qui se déroulera du 15 au 17 septembre au Musée d’Art et d’Histoire de St Denis, Jacques Darras réalisera, en compagnie de Jacques Bonnaffé, une performance intitulée <em>Pas d’automne pour le Moyen Âge ! La prairie toujours verte de Van Eyck</em></p>
<p align="justify">Rendez-vous le 15 septembre 2011, à 11h45</p>
<p><a title="Téléchargez le programme complet et le plan d'accès" href="http://jacdardev.nextfactory.fr/wp-content/uploads/2011/11/Colloque%20moyenage.pdf" target="_blank">Téléchargez le programme complet</a></p>
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		<title>Juillet 2011</title>
		<link>http://www.jacquesdarras.com/2011/09/fenetre-sur-cour-juillet-2011</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 20:59:53 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Fenêtre sur Cour]]></category>

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		<description><![CDATA[Chers Amis, Avant de prendre le large, quelques réflexions sur la poésie parue ces derniers mois. Reçue sous forme dédicacée...<br /><a class="more-link" href="http://www.jacquesdarras.com/2011/09/fenetre-sur-cour-juillet-2011">Read More &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Chers Amis,</p>
<p align="justify">Avant de prendre le large, quelques réflexions sur la poésie parue ces derniers mois. Reçue sous forme dédicacée ou acquise dans les librairies.</p>
<p align="justify">Marc Alyn m’envoie La Combustion de l’Ange. Poèmes 1956-2011. Préface de Bernard Noël aux éditions du Castor Astral. Je trouve le titre plutôt étrange mais, les 317 pages parcourues, suis frappé par la cohérence de l’œuvre. Ce qui s’affirme chez Alyn c’est une phrase poétique proche de la prose, en voyage vers le paragraphe complet. Il semble que les textes les plus récents « Le tireur isolé », « Le silentiaire » aient d’ailleurs franchi le seuil infime séparant le vers de la phrase. Mais ce rythme véhiculaire ne serait rien sans la matière qu’il transporte. Or le poète journaliste se tient ici au ras de la réalité, urbaine ou sociale, rédigeant des « papiers » plus méditatifs que policiers. « La nuit colle à la peau, mais la haine tient chaud en ses mailles tenaces/dans la Zup interdite où la Parque ne plonge/que pour de vastes coups de filet au profit des trafiquants d’organes./ Le lieu grouille de dieux-requins et d’anges nécrophages/De tous les coins du ciel chutent des funambules,/ des bouchers en lévitation que la Grâce, hélas, abandonne en plein vol&#8230; »</p>
<p><span id="more-11"></span><br />
On croirait lire le direct contemporain à travers une vision de Bosch. C’est de l’érudition active qui est en jeu dans ces textes. Fait actuellement rarissime en poésie, on ne s’ennuie pas à lire Marc Alyn, car l’on voit prendre forme au fur et à mesure des recueils rassemblés, à l’instrument de plus en plus souple et compréhensif d’un vers capable de scanner plusieurs plans de réalité.</p>
<p align="justify">L’autre bonne surprise est Le livre des recels de Marie Étienne, chez Flammarion. Trait commun avec le poète précédent, ce livre donne à penser que les poètes français acquièrent de plus en plus le sens de la durée. Dans ces 347 pages, Marie Étienne réunit ainsi des textes publiés entre 1972 et 2009, dont cependant elle organise la succession de manière arbitrairement anachronique. Quelques textes sont même inédits, d’autres livrés en fragments, d’autres encore sont retravaillés. J’aime quant à moi ce remodelage. Il s’inspire de la pratique anglo-saxonne qui, au bénéfice du temps et des années, fait passer des « selected » aux « collected poems ». Il résume le parcours d’une existence sans interdire pour autant les fulgurances. Il permet de prendre la mesure des continuités ou des écarts. Chez Marie Étienne, des liens autobiographiques en prose sont tissés entre chaque étape. Comme ils sont présentés avec une grande précision de lieux et dates, qu’ils sont écrits dans une langue narrative sobre et efficace, ils offrent un repos bienvenu. Comme chez les troubadours occitans, adeptes des « razon » et des « vidas », ils entourent le poème d’un écrin et lui donnent un élan. Ce sont des aides précieuses pour la lecture. Ici le parcours géographique exceptionnel du poète dans l’espace et le temps, son adolescence au Vietnam ou en Afrique, rehaussent d’autant l’immuabilité de la parole poétique. Des sonnets datant de 1972-1974 apparaissent alors comme neufs. D’ailleurs ils sont neuf. « Moi je me déshydrate sous le métal/ D’un ciel qui glisse. Je me louerai bientôt/ « Il faut pleuvoir il faut pleuvoir il faut/Pleuvoir sur les cratères », chante Moussa//La punition parut en cape rouge/Mitre dorée, les yeux si tendrement/Sur moi que mes cheveux, couteaux vivants !/Je criais « Aïe ! » quand je bougeais la tête&#8230; » On est très fréquemment saisi, dans cette œuvre, par l’acuité tranchante de la parole. Le poète prend ses décisions avec un étonnant mélange d’art et d’instinct, de conscience esthétique renouvelée et d’abandon à l’incongruïté des choses ou de soi-même. L’artifice, ici, ne fige jamais le spontané. C’est pourquoi Marie Étienne nous semble sortir pour ainsi dire intacte de décennies d’ascèse pour la poésie et témoigner d’une force exemplaire. Qu’on aille voir ce recueil, ces « recels » trop riches pour une sommaire analyse !</p>
<p align="justify">Je retiens également l’oratorio « Le grand silence » de Gérard Pfister, paru aux éditions Arfuyen dont il est depuis 1975, en Alsace, le remarquable acteur et concepteur. Européen convaincu, créateur à Strasbourg de récompenses pour les grandes voix de l’Europe (récemment Kiki Dimoula, Tony Harrison etc&#8230;) Gérard Pfister, trace sa poésie aux frontières du dialecte alsacien et de la mystique rhénane. Peut-être trouvera-t-on notre raccourci un peu brutal mais l’important à dire est que sa poésie, composée dans ce recueil de vers très courts groupés par deux, à raison de 9 couples par page, acquiert une dynamique nouvelle qui la met sur le chemin d’une prose pour ainsi dire verticale, dépourvue de ponctuation et différée à l’infini par les respirations du blanc. Neuf chapitres divisent cette méditation de 131 pages sur la généalogie et la mort « ils sont là tous là/mes morts//les yeux/grand ouverts//ouverts/tellement//ils n’ont plus/de nom//ils n’ont plus/de voix//et ils me portent/comme un grand arbre// »</p>
<p align="justify">Je signale également deux recueils totalement séparés de thème et de forme, les Préludes et fugues d’Emmanuel Moses parus à l’instant dans la collection l’Extrême contemporain chez Belin, et l’Énigmatique Bestiaire du nouveau venu Jean-Patrice Roux aux éditions de l’Harmattan (collection l’Écarlate).</p>
<p align="justify">Pour ce qui est de la poésie étrangère en traduction deux livres m’ont retenu. D’abord le deuxième volume de poèmes de Marina Tsvétaïeva dans la collection Poésie/Gallimard, sous le titre Insomnie et autres poèmes. Édition de Zéno Bianu. Tout dans ce recueil est extraordinaire de force, de férocité, d’humour et d’amour. Comme en particulier ce salut à Maïakovski qui date d’Août 1930. Quelle liberté ! Et puis il y a l’expérimentation de l’inouï, le voyage aux limites de la conscience comme dans le « Poème de l’Air », si difficile à comprendre et à résumer bien que le sujet apparent en soit la traversée de l’Atlantique par Lindbergh.</p>
<p align="justify">Angela Marinescu, en français, aux éditions l’Oreille du Loup, sous forme d’une anthologie poétique intitulée Je mange mes vers, excellente nouvelle ! Cette grande dame originale et fière de la poésie roumaine contemporaine voyage peu dans l’espace européen, semble-t-il. Ses vers, les mangeât-elle, voyagent heureusement à sa place. Le choix et la traduction des poèmes sont ici l’oeuvre de Linda Maria Baros que l’on connaît bien à Paris. De fait, la puissance véhémente et anarchisante d’Angela Marinescu est telle qu’elle transparaît sans trop de difficulté dans la langue française. « puisque mon questionnement sur le monde/est toujours aussi violent/qu’un acte sexuel/et puisque mon questionnement sur la poésie/ est toujours aussi violent/qu’un viol/et puisque je ne peux renoncer aux bagatelles/qu’à l’instant où je ne pense plus du tout/ et qu’à l’instant où je ne pense plus j’écris un certain genre de poésie/ et qu’à l’instant où je pense j’écris un autre genre de poésie/et que je ne veux même plus de poésie/ il est pourtant possible que la poésie soit cette chose/qui divise le monde en lâches et désespérés ». Avec Angela on n’est jamais très loin de Marina. Même violence, même illogisme de la passion s’exprimant dans les sophismes de la logique, même affirmation féroce du vouloir vivre en dépit des obstacles de la chair.</p>
<p align="justify">Dernière information qu’il convenait de donner. Le dimanche 26 Juin dernier, à la Halle St Pierre, dans le cadre de la Périphérie du Marché de la Poésie nous avons réuni quelques amis poètes pour un hommage très émouvant à Armand Rapoport. Lambersy, Boudier, Nourry, Pozner, Cohen, Darras évoquèrent tour à tour l’homme étrange, attachant, visionnaire qu’ils ont connu. Lisez ou relisez l’Hiver des Astronomes (Actes Sud, 1987), assurément l’un des plus grands livres de poésie française de la fin du XXè siècle, dont les poètes présents se sont engagés à hâter le voyage vers une célébrité réelle et définitive.</p>
<p align="justify">JACQUES DARRAS</p>
<p align="justify">Bonnes vacances et lectures à tous</p>
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